J’adore quand tu parles. Ce que j’aime particulièrement, c’est comment tu verbalises chaque mot qui se bouscule un après l’autre et qui construit un message que j’essaye de comprendre. Du mieux que tu peux, tu me partages tes pensées et si je t’écoute assez bien, je devrais être en mesure de comprendre ce que tu dis pour que l’on puisse connecter ensemble.

J’aime tellement ça que parfois, avant même que tu finisses de parler, mon attention s’arrête sur quelque chose que tu as dit. Mon écoute diminue et le désir de te poser une nouvelle question prend de plus en plus de place dans ma tête. Je deviens excité et j’oublie d’écouter. Je suis déjà rendu ailleurs dans ma tête alors je comprends partiellement ce que tu veux me dire.

Quand sa m’arrive, j’essaye de me parler. Je dois me dire que tu n’as pas fini le fond de ta pensée. Je vais peut-être même trouver la réponse à ma question si je te laisse terminer. Cette conversation avec moi-même dans ma tête dure une fraction de seconde. Parfois, je reprends le contrôle de mon écoute, d’autres fois, j’oublie et je me laisse emporter par l’excitation du moment. Dans tous les cas, j’ai envie de t’écouter et de te comprendre. En fait, ça devrait être notre but commun, de se comprendre.

Il y a une grande différence entre comprendre des mots et comprendre des intentions. Des mots sans contexte et sans intention, ne sont que des mots. C’est la même chose avec l’écoute sélective. Je choisis ce qui me plaît dans ce que tu dit et le reste, je l’ignore. Je préfère écouter les mots qui me font plaisir plutôt que de t’écouter. Les possibilités de déconcentration sont nombreuses. Une chose est certaine, c’est que j’ai arrêté de t’écouter et j’ai oublié de te laisser terminer ton message.

Je préfère largement l’écoute active. L’écoute qui laisse un silence à la fin de ce que tu dis. Le silence de l’écoute qui me fait réfléchir à ce que tu viens de dire pour comprendre ce que tu viens de partager. Ce silence peut durer quelques secondes, le temps d’absorber les mots pour les mettre dans un contexte avec une intention.

Cette écoute active est la meilleure façon que j’ai trouvé pour honorer la personne que tu es. Tu n’es pas obligé de me parler et tu es encore moins obligé de me confier ce que tu décides de me partager. Ironiquement, je veux tellement que tu sois au courant que je te respect, que j’oublie de respecter ta parole. Mon intention reste noble, mais ma distraction peut nuire à ma compréhension de ton message.

En réalité, quand les émotions, le jugement ou les distractions se font ressentir, conserver une écoute active en tout temps est difficile.

Avec le temps, je m’aperçois que mon écoute s’améliore. Je distingue plus facilement l’écoute active de l’écoute artificielle et ça m’aide à être davantage conscient de la qualité des échanges.

Ultimement, j’ai envie que l’on connecte et que l’on se comprenne. Je vais faire du mieux que je peux pour t’écouter et te comprendre. Sans écoute, notre connexion restera superficielle et de mon côté, j’ai envie d’amener ça à un autre niveau.

Merci de m’écouter en me lisant.

Photo par Roman Odintsov sur Pexels

Un texte de Francis Fleurant